Mémoire et Patrimoine Vivant

Corbeil-Essonnes Deux photos, une histoire…

Chaque mois, retrouvez une ou deux photos et une histoire liées au passé de votre commune. Cette nouvelle rubrique est réalisée en partenariat avec « Mémoire et Patrimoine Vivant », une association que vous pouvez découvrir sur le site « www.asso-mpv.com ».

La société Paul Doittau

Spécialisée dans le traitement de la fécule de pommes de terre, la société Paul Doittau a longtemps été l’un des fleurons de l’industrie Corbeil-Essonnoise.

Une féculerie à Corbeil-Essonnes

En 1910, Luis Mariano Doittau, un industriel d’origine portoricaine, eut l’idée d’installer une féculerie à Essonnes, précisément dans le quartier des Bas-Tarterêts. En 1911, il confiait à son fils Paul la direction de cette entreprise rachetée en 1909 aux Grands Moulins de Corbeil.

En 1933, Paul Doittau entreprit de créer une usine de produits chimiques élaborés avec de la fécule de pommes de terre. Elle fusionnera, en 1942, avec la Société pour l’Utilisation Rationnelle des matières grasses plus connue sous le nom de Sopura. Puis elle s’installera à Chantemerle, jusqu’en 1972, sur le site autrefois occupé par la fonderie du groupe Darblay.

Alors que l’établissement des Tarterêts connaissait une activité florissante, il fut détruit à 80 % le 13 août 1944, suite à un bombardement des forces alliées qui visait la gare de Corbeil. L’usine allait toutefois être reconstruite.

Les débuts de Francis Bouygues

C’est un certain Francis Bouygues qui se chargea des travaux de reconstruction de Doittau, l’un des premiers grands chantiers du célèbre constructeur. Pour la petite histoire, sachez que Bouygues a réalisé à Corbeil-Essonnes, dans le début des années 50, ce qui sera son premier immeuble de standing.

Il s’agit de la résidence Saint-Jean sise à l’angle des rues Féray et Widmer. La féculerie des Tarterêts fut fermée en 1994 pour être transférée dans la Marne.

Il faut dire que sa production qui nécessitait le traitement annuel de 8.000 tonnes de pommes de terre générait une impressionnante pollution de la Seine.

Les plus anciens se souviennent encore de cet épais tapis de mousse blanche qui recouvrait la surface du fleuve à la hauteur du quai de l’Apport-Paris. Les différents bâtiments de l’usine désaffectée furent rasés en 1996 pour laisser la place à la société Norbert Dentressangle, une importante société de transport.

(Crédit photos : DR).