Chronique de l’année 1895 vue au travers du périodique l’Abeille de Seine-et-Oise
Type : Projection film
Date : lundi 07/04/2025
Horaires : à 14h00 et 20h30
Lieu :
Cinéma ARCEL
15 place Léon Cassé
CORBEIL ESSONNES
Résumé :
A mi-chemin entre deux guerres, celle – humiliante – de 1870 et celle – revancharde – de 1914, la France de cette année-là aspire au bien-être et à la liberté. 1895 est l’année de la première séance de cinéma.
À côté des grands journaux nationaux, unique source d’information que tous les Français lisent, la presse locale apporte un complément d’information de proximité indispensable.
La mort de Pasteur, l’affaire Dreyfus, la prise de Tananarive – évènements de 1895 – sont en arrière-plan mais n’envahissent pas le quotidien de la presse régionale.
Dans le microcosme de notre région, l’arrondissement de Corbeil, sous-préfecture de la Seine-et-Oise, l’Abeille de Seine-et-Oise, publication semi-hebdomadaire, relate les détails de la vie quotidienne de nos prédécesseurs, qui, à 130 ans de distance, ne sont pas si différents de nous. Avec une approche partisane certes, qui garde le silence sur les luttes de la classe ouvrière qui vont éclater au grand jour dans la décennie suivante.
C’est comme une photo de l’époque
En parcourant les colonnes, on voit évoluer une société laborieuse, riche de certaines valeurs, qui sait se réjouir, s’enthousiasmer, se soutenir mutuellement, mais aussi se scandaliser et s’insurger quand ces valeurs sont bafouées. La vie est rude certes mais la générosité est grande car on a su s’organiser en sociétés d’entraide où le don personnel est perçu comme une voie qui rend heureux, que l’on ait la foi ou non. Comme tout se sait, la bonne réputation est un bien précieux qu’il faut éviter de perdre. Les plus riches aident les plus pauvres, c’est l’ordre des choses.
Concerts, bals de charité sont des occasions rêvées de s’amuser tout en aidant. Et on s’amuse beaucoup sur un air de polka !
Exercice physique et vie au grand air
On se préoccupe de son état de santé et la gymnastique est largement pratiquée, avec un côté paramilitaire indéniable ! Mais chat échaudé craint l’eau froide et si vis pace para bellum ! Quelle famille n’a pas un fils, un neveu, un cousin sous les drapeaux. Certes la guerre est finie, mais il y a d’autres guerres, coloniales celles-là et l’on garde un chien de sa chienne contre ce fou de Kaiser.
Les clubs de gymnastique font de la préparation militaire et la Société de tir mixte rassemble non pas hommes et femmes mais civils et militaires qui s’exercent à tirer.
Le cyclotourisme se développe dans toute la société, nouveau mode d’évasion. Le Touring Club de France devient une association des plus importantes avec 50 000 adhérents ! Et la Pédale corbeilloise rassemble de nombreux cyclistes, hommes et femmes, ravies de cette occasion de s’émanciper !
De nombreux progrès techniques, scientifiques et médicaux améliorent peu à peu la vie des citoyens mais surtout ouvrent notre région à une expansion économique considérable. Des capitaines d’industrie tels Decauville, Darblay, Féray ou Crété, forgent une réputation d’excellence qui leur attire une clientèle internationale.
Mais ces mastodontes de l’emploi de main d’œuvre ne masquent pas, dans les colonnes du journal, l’importance du monde agricole dans l’arrondissement de Corbeil. De nombreux articles parlent de bon sens à des agriculteurs dont la tendance mortifère est à reproduire, année après année, les habitudes culturales de leurs ancêtres.
La ville change d’aspect avec la création d’un nouveau quartier qui remplace la Prairie où jadis pâturaient les chevaux du relai de poste d’Essonnes.
Avec l’intervention de l’historien Serge Bianchi, spécialiste de la Révolution industrielle, et du docteur Jean Raspail, sur la santé de l’époque, ce film est un jalon qui nous aide à prendre la mesure de l’évolution du mode de vie, face à une réalité humaine quasi immuable.